mercredi 29 mars 2017

Le Prince charmant

Revoici un commentaire ajouté au bas d'un récent article de M.Tandonnet, que j'ai légèrement étoffé :

En toute objectivité, comme beaucoup de journalistes se plaisent à le répéter, le programme de Nicolas Dupont-Aignan ne diffère pas tellement de celui de Marine Le Pen.
Quant à cette dernière... Il me semble qu'elle souffre d'un défaut congénital, pour certains, d'une tache originelle pour d'autres. Enfantée par un monstre, elle a été élevée dans l'antre de la bête.
Quelles raisons les membres « historiques » du Front National, presque tous évincés, à commencer par le président-fondateur, auraient-ils de prétendre que le parti a été renouvelé de fond en comble ?

Pour ce qui est de François Asselineau, il est tout aussi extrémiste (toujours de votre point de vue), mais beaucoup moins populiste, il me semble, car il pousse la logique, et la démonstration jusqu'au bout. Son programme (et son style) rencontrent un écho beaucoup plus important dans les classes moyennes éduquées que dans les classes populaires. Je ne peux pas dire que je sois insensible au panache de ce petit homme replet.
Il a peut-être un physique qui ne paie pas de mine, comme Herman Van Rompuy, et Nigel Farage aussi*, il faut bien le reconnaître, mais comme son discours est séduisant ! Pour l'instant c'est mon nouveau prince charmant.





* Je fais référence à l'altercation de M. Farage avec Herman Van Rompuy dans l'arène du Parlement européen, en 2010, où le premier s'en prenait à l'apparence physique du second.

vendredi 17 mars 2017

Vote utile, vote futile ?

Dans un monde idéal, tout le monde aurait des convictions et voterait selon ses convictions.Tout le monde voterait utile, c'est-à-dire selon son cœur et selon sa raison. Mais il faut croire que certaines personnes sont trop incertaines de leurs convictions et ont besoin d'indications pour se déterminer.

Que l'on sacralise le droit de vote ou qu'on le considère, comme moi, comme un acte purement gratuit, accompli pour la beauté du geste, le « vote utile » semble une infamie.

Voter utile, c'est pécher contre l'esprit. C'est une faute morale et une erreur stratégique.

Le vote utile nous entraîne dans une spirale infernale (on sait que l'enfer est pavé de bonnes intentions), un cercle vicieux, et de compromission en compromission, de reniement en reniement, on n'aboutit qu'à retarder l'échéance fatale.

Je suis tombé sur cette citation dans un article : « Si tu n’agis pas comme tu penses, tu finiras par penser comme tu agis. » C'est l'évidence même. Pascal et d'autres le disaient, agir d'une certaine façon incline à penser de même. Et on finit par s'accommoder de tout, par vivre dans un monde aux contours imprécis et se laisser engloutir par lui.

Vous voulez voter pour Dupont-Aignan, et on vous le présente comme un « petit candidat » qui n'aurait aucune chance ? Il ne vous est jamais venu à l'idée que cela pourrait être pour de mauvaises raisons ? Vous ne vous sentez pas l'âme d'un justicier et vous ne chercherez pas à corriger cette situation ? Libre à vous. L'homme a été fait libre, et la liberté est sa plus grande arme.

samedi 4 mars 2017

Réflexion passagère

Quand j'y pense, un politicien de carrière, n'ayant jamais exercé d'autres fonctions que celle d'élu de la nation, de représentant du peuple, me semble une aberration. Représentant du peuple à quel titre ? Celui d'avoir gagné les élections ? Il faut d'abord gagner (chèrement) ses galons dans ce qu'on appelle communément le monde du travail, avant de prétendre à un mandat électif, et se présenter la gueule enfarinée devant les électeurs.

L'élection est-elle une légitimation ou ne vient-elle simplement que confirmer la légitimité que le candidat s'est acquise par ailleurs ?

vendredi 3 mars 2017

Le choix des Français

Les Français en ont assez de l'alternance, ce retour de balancier aussi immuable que décevant. J'ai l'impression que leur désir de changement ne reculera devant rien. Le spectacle lamentable qu'offrent la gauche et la droite de gouvernement depuis le début de la campagne n'a fait que confirmer ce choix, qui s'exprime de moins en moins timidement, avec de moins en moins de précautions oratoires.

Le vote pour Marine Le Pen n'est plus un acte impulsif, dicté par la colère aveugle. Il apparaît de plus en plus comme un risque calculé, de même qu'une entreprise au bord de la faillite joue le tout pour le tout dans une opération hasardeuse mais vitale.

Ce risque est d'autant plus soigneusement calculé, pesé, que l'élection de Marine Le Pen à la présidence de la République est présentée comme une réelle possibilité. Les électeurs ont été mis en garde répétitivement et ont eu le loisir de songer aux implications d'un tel geste.

jeudi 23 février 2017

Pensée fugitive

Lors de l'élection présidentielle de 2012, quand un proche avait évoqué François Bayrou, j'avais lâché, énervé (j'étais jeune) : « Bayrou, c'est le Le Pen du snob ». Cet article de Causeur a confirmé cette intuition fulgurante. Il y a un populisme et un démagogisme de l'extrême centre, incarné notamment par Marianne. Par certains côtés, Bayrou est un candidat aussi fantaisiste et dangereux que Le Pen (Le Pen père, en tout cas).

mardi 21 février 2017

« Je pense que l’on va vers des surprises toutes aussi excellentes. »

Philippe de Villiers a renoncé à exercer des fonctions politiques d'importance mais il n'a pas renoncé à son magistère moral. Plutôt que de battre la campagne et de serrer des paluches à longueur de journée, il s'est lancé dans une carrière d'écrivain et de prescripteur d'opinion. De prophète, même. Désormais il sillonne la France et il répand sa bonne parole comme une sorte de prophète itinérant.
On peut supposer qu'il n'est pas fâché d'avoir abandonné les servitudes du métier de politicien pour se consacrer à sa nouvelle mission, et qu'il considère qu'en troquant les électeurs contre les lecteurs, il n'a pas perdu au change. Mais l'aura de P. de Villiers ne se limite pas au cercle de ses lecteurs.
Tout à son nouveau rôle, Philippe de Villiers a prophétisé, dans un entretien avec le Journal du Dimanche, une divine surprise pour mai prochain.


Addendum :

Naguère, dans certains milieux, choisir le MPF au lieu du Front National, c'était une manière de voter pour la droite nationale sans déroger, un vote de protestation polie.
Après les élections régionales, on avait pu constater que le Front National continuait à gagner du terrain, commençait à s'installer dans les quartiers bourgeois.
Le rapprochement entre Philippe de Villiers et Marine Le Pen, s'il est avéré, marque un changement historique.

samedi 11 février 2017

Devoir civique et implication citoyenne

À la suite d'une négligence de ma part, me voici privé d'exercer mon droit de vote lors de la prochaine élection présidentielle. Cette situation me frustre. Jusqu'ici voter était un acte solennel, longuement médité, et dont je m'acquittais avec componction. J'aimais raconter à qui voulait l'entendre les raisonnements tortueux qui me conduisaient à élire un candidat plutôt qu'un autre. Cette élection personnelle n'avait pas besoin d'être confirmée par le choix d'une majorité de mes compatriotes. Être élu par moi me semblait une distinction suffisante. Bien sûr, je ne me leurre pas, cela ne suffisait pas à accéder au pouvoir, et je priais pour que mes compatriotes parviennent à la même décision à l'issue du même cheminement. Après coup, j'aimais expliquer pourquoi j'avais eu raison (d'autant plus facilement que mon candidat élu n'a jamais remporté l'élection — je me défaussais en disant que pour éviter un désastre j'étais capable de voter utile, mais seulement au second tour, seul moment où il est opportun de voter utile à mon sens.)

Ce billet constitue déjà un acte de repentance, mais avec ceux parmi les précédents qui ont immédiatement trait à la politique française, et ceux qui suivront sur le même sujet, il représente une manière de compenser le manque de civisme dont j'ai fait preuve en n'accomplissant pas toutes les démarches nécessaires à mon inscription sur la liste électorale dans la circonscription où je réside.