vendredi 31 mars 2017

« Ne nous induis pas en tentation... »

Comme ce collègue blogueur, je suis gêné par l'expression  « ne nous laisse pas entrer en tentation », formule officiellement choisie pour remplacer le (maintenant) traditionnel « ne nous soumets pas à la tentation » de la patenôtre.
On entre en religion (par extension, en politique), pas en tentation !
Pourquoi ne pas dire « ne nous induis pas en tentation »* ? On induit bien en erreur, pourquoi pas en tentation ? La formule aurait l'avantage d'être plus proche de l'expression latine. Le seul prétexte allégué est que « le sens du verbe "induire" n’est plus suffisamment "courant" pour être d’un usage clair ». Mais à l'usage, répétée par des millions de bouches francophones, l'expression deviendrait courante, justement. Et je ne comprends pas les gens qui sacrifient la pureté de la langue à une clarté douteuse.

Ces reformulations multiples ne trahissent-elles pas un trouble inconscient autour de l'idée même de tentation et celle de péché ?



* On trouve cette expression chez Huysmans, je crois.

samedi 4 mars 2017

Réflexion passagère

Quand j'y pense, un politicien de carrière, n'ayant jamais exercé d'autres fonctions que celle d'élu de la nation, de représentant du peuple, me semble une aberration. Représentant du peuple à quel titre ? Celui d'avoir gagné les élections ? Il faut d'abord gagner (chèrement) ses galons dans ce qu'on appelle communément le monde du travail, avant de prétendre à un mandat électif, et se présenter la gueule enfarinée devant les électeurs.

L'élection est-elle une légitimation ou ne vient-elle simplement que confirmer la légitimité que le candidat s'est acquise par ailleurs ?